Le patrimoine de la commune d’Orgon

Commune de Orgon -> Patrimoine et architecture de Orgon

Cette présentation du patrimoine de la commune d’Orgon a été réalisée par l’association " INVENTAIRE PATRIMONIAL DES COMMUNES DE FRANCE", basée à Vauvenargues (13), dans le cadre de la candidature du Pays d’Arles au label "Pays d’Art et d’Histoire"

- Orgon sur Wikipedia
- Site de la ville
- Site de l’office du tourisme
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VOCABLE ET CARTE D’IDENTITÉ

- Commune du département des Bouches-du-Rhône, chef-lieu de canton
- Code postal : 13660 – Code INSEE : 13067
- Population : 2 642 habitants – Densité : 76 au km2
- Superficie : 34,78 km2 – Altitude min./max. : 90/100 m.
- Nom des habitants : Orgonnais
- Devise/label : devise au blason "Castrum de Urgone Virgini votum".

HISTORIQUE

- Présence attestée préhistorique et romaine.

- De l’an mil jusqu’à la fin du Moyen Age, propriété des comtes de Provence (les Béranger en 1112) qui détenaient directement le château et y faisaient exercer la justice, les droits de péage et de port sur la Durance.

- Le duc de Savoie a laissé son nom à l’ancien village, aujourd’hui disparu, qui était situé sous le fort.

- Lieu de passage de toute antiquité (Le Port-Vieux) entre le dernier contrefort des Alpilles, portant château et village, et le cours de la Durance, formant un étroit pertuis.

- Mention au XII° (1183, Urgonum).

- Place forte ceinturée de remparts autour du château, à partir du XIII°.

- Au XV°, extension d’une nouvelle agglomération extra-muros, sur l’impulsion des princes de Lorraine.

- Hôpital au XV°.

- Exactions pendant les guerres de Religion : profanations et saccages de l’église et du couvent de Notre-Dame de Beauregard par le tristement célèbre baron des Adrets (1562).

- Peste apportée de Marseille en 1720, la population se plaça sous la protection de saint Roch et des processions annuelles à perpétuité à la chapelle Saint-Roch furent décidées en 1921 en remerciement

- Agitation et troubles sous la Révolution, notamment pendant la réaction thermidorienne.

- Le 27 juillet 1923, détachement du hameau de Plan-d’Orgon qui devient commune à part entière.

- Patrie du poète Antoine Pomme au XVII°, dit le poète d’Orgon, et des proches ascendants des Rostand.

- Au XIX° l’une des rares communes du département qui se consacre à la culture de la garance, plante tinctoriale rouge "inventée" et cultivée surtout dans le Comtat Venaissin.

- Aujourd’hui, riche bourg agricole (vergers) de l’opulente vallée de la Durance.

- Visiteurs : 3 papes (Grégoire XI, Benoît XIII, Pie VII (1814), le Roi René, François Ier, Charles IX, Louis XIII, Louis XIV, Mme de Sévigné, Napoléon…

PATRIMOINE DE NOS ANCÊTRES

A – PRÉHISTOIRE

- Nombreux sites préhistoriques : Valdition, les Passadouïre, le Vallon de Lavau.
- Dolmens des Gavots et du Fraix : sépultures collectives ; ce dernier a été fouillé en 1979 : chambre allongée et couloir court.

Stèles chalcolithiques :
- A la Puagère du Rocher : 8 stèles.
- Sur le Mont Sauvy : 1 stèle réemployée dans une restanque (1966).
- A Font-de-Malte, quartier de la Pierre Plantée : 1 stèle presqu’intacte (1976).

- Grotte de la Baume Rousse (Vallon de Lavau) : occupation chasséenne.

B - PROTO-HISTOIRE

- Habitat campaniforme : habitat perché et les Cabanes des Calades (2 km sud-ouest).

- Oppidum celto-ligure au sommet du Mont Sauvy.

C – PÉRIODE ANTIQUE

- Présence romaine nombreuse, mais très fractionnée le long de ces deux voies ; à Saint-Véran, sépultures, statues, monnaies ; site de thermes romains à l’emplacement de la chapelle.

- 2 voies romaines traversent le territoire : nord/sud, la voie continentale ou domitienne, et est-ouest, l’aurélienne.

- 2 bornes milliaires près de la Pierre-Plantée, déposées au Musée Borély (Marseille).

- Nombreux témoins de villas au sol le long des voies romaines, découvertes et fouillées.

- Aqueduc romain dans la vallée de Valdition.

PATRIMOINE BÂTI

A – PATRIMOINE RELIGIEUX

- Église paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption (IMH – 2-11-1926), 1325 gothique et remaniements XVII° : abside à 5 pans et nef unique de 3 travées voûtées d’ogives, 6 chapelles latérales, dont 5 sont des nécropoles, clocher quadrangulaire 1660 ; mobilier : Vierge médiévale, 16 toiles, dont un triptyque XVI° et une Assomption de Mignard, orgues 1873 ; vitraux modernes. Accès par escalier monumental.

Encadré

Dans les dalles du sol sont scellés 2 anneaux de fer où on attachait les forçats de passage désirant assister à la messe.

Chapelle Notre-Dame-de-Beauregard, sur le plateau perchée à l’à-pic de la ville :
- Vaste chapelle de style néo-roman, vastes proportions avec un haut clocher-lanterne en façade, abside et absidioles en cul-de-four, toit en lauzes. Construite en 1878 par le chanoine Bonnard, uniquement avec les dons des fidèles, sur les ruines d’une chapelle antérieure, proche d’un couvent entouré d’une enceinte ; nombreux vestiges de culte gallo-romain ; grand nombre d’ex-voto, dont la plupart ont disparu (une vingtaine abrités au couvent).
- A l’arrière, couvent 1660, restauré en 1878 et depuis 1983, occupé par les "Amis de Beauregard".
- Enceinte fortifiée contiguë au couvent, développée sur le plateau. Au point haut, grande croix sur cippe orné des Pénitents Gris d’Avignon.
- Tradition d’un pèlerinage très ancien.
- Station médiévale de Notre-Dame-de-Beauregard, objet du pèlerinage, qui a traversé toutes les épreuves, toujours en place.

Encadré

La restauration, la réhabilitation, la promotion du site du sanctuaire de Beauregard sont dû à l’initiative d’un couple de visiteurs australiens, John et Isabelle Fano, passionnés par la beauté et la spiritualité du site, qui s’attachèrent à la restauration de l’ensemble, d’abord de leurs propres mains en campant sur place, puis en créant l’Association des Amis de Beauregard. Résultat : dégagement de l’ensemble des constructions et abords, rétablissement du pèlerinage, constitution d’une bibliothèque documentaire, restauration du monastère, de la bergerie, des remparts, animation culturelle de haut niveau…

- Chapelle Saint-Véran (MH – 10-3-1921), au pied de la chaîne des Costes, par la route d’Eygalières, sur l’emplacement de thermes romains. Démolie par les sarrasins, elle est reconstruite au X° ; ancienne paroissiale : en partie ruinée, il reste la dernière travée avec l’arc triomphal percé d’une fenêtre ébrasée, une amorce de transept, l’abside en cul-de-four beaucoup plus basse (accès clôturé).

- Chapelle Notre-Dame-des-Chênes, domaine de Valdition : tradition miraculeuse.

- Chapelle Saint-Roch XVIII°, à l’ouest, par le chemin des Pielettes, site boisé du Mont-Sauvy ; votive contre la peste de 1720 : porche plein cintre et oculus ; campanile conique en fer forgé.

- Chapelle Saint-Gervais XV°, quartier des Perrières, chapelle sépulcrale de la famille Mouriès (dont Elzéar qui fonda l’hôpital en 1428), dans un site de pins, à l’abandon, menacée de ruine ; sarcophages en pierre alentour.

Remarquable ensemble d’oratoires :
- Oratoires le long du sentier menant à Notre-Dame-de-Beauregard :
- Oratoire de l’Annonciation 1515, au début du chemin des Oratoires, proche de la Porte de l’Hortet ; pierres appareillées, niche à couverture cintrée ; sculpture dégradée de la Vierge.
- Oratoire de la Gloire de Jésus et Marie, Renaissance 1516 (IMH – 22-7-1935), au milieu du chemin des Oratoires : en bon état, fût élancé très orné, haute niche à pilastres (un seul est sculpté) ; 4 statues décapitées à l’intérieur ; dédicace gravée.
- Oratoire du Massacre des Innocents et de la Fuite en Egypte XVI°, chemin des Oratoires : haute niche en plein cintre sur socle bas ; encadrement à pilastres corinthiens ; fronton triangulaire classique XVII/XVIII° avec figure du Christ ; bas-reliefs évocateurs du vocable.
- Oratoire Sainte-Madeleine 1663 (IMH – 22-7-1935), nord-ouest, chemin de La Bazarde, : groupe XVII° plein de charme sur socle à 3 degrés, supportant une niche arrondie à fronton classique Louis XIV ; cartouche portant l’inscription "Noli me tangere" et le millésime 1663.
- En face, petit oratoire d’angle avec statue de Saint-Antoine ; plus niche qu’oratoire.
- Oratoire Notre-Dame du Chêne (ou Saint-Michel), du domaine de Valdition, votif 1858 pour une guérison miraculeuse : cippe sur socle à degrés, haute niche ogivale avec Vierge, surmontée d’un dôme à croix métallique de type Jubilé.

Croix :
- Croix de Saint-Roch 1803, devant la chapelle Saint-Roch., sur un monticule rocheux.
- Croix de la Conillière en souvenir des morts de la peste de 1721.
- Croix entre la mairie et l’église, en fonte ouvragée, sur une terrasse ombragée de pins, entourée de grilles.
- Croix du faubourg Sainte-Anne : croix en fer sur un fût et un socle en pierre.
- Croix des Pénitents Gris 1903 "majestueuse dans l’enceinte fortifiée qui domine le plateau" de Notre-Dame-de-Beauregard : 4 plaques de marbre sur le socle.
- Croix à Beauregard XX°.
- 2 croix près des oratoires, chemin de Beauregard.
- Croix du mas de Bréguier, route d’Eygalières.
- Croix adossée à un talus, à la Perdigale, route d’Eygalières.

B – PATRIMOINE CIVIL

- La Forteresse, ensuite château du duc de Guise : vestiges de murs perchés sur plusieurs arêtes, qui semblent issus du rocher avec lequel ils font intimement corps. Origine haut moyen-âge, château fort au XII°, apogée au XV° avec le duc de Guise. Démantelé en 1481 par ordre de Louis XI (Baudricourt), reconstruit, détruit ensuite par Richelieu.

Les Fortifications :
- La première enceinte vers le XIII° autour du village primitif de la Savoie (rasé par la municipalité en 1963/64) se constitua autour de la forteresse ; cette enceinte s’appuyait sur le rocher qui formai un rempart naturel ; accès par 2 portes : porte du Four-de-Ville (disparue) et porte de l’Hortet qui existe toujours.
- Porte de l’Hortet, début du chemin des Oratoires, seul vestige de l’enceinte 13ème du village primitif de "la Savoie" constitué autour de la forteresse : portail de style roman extérieur ; à l’intérieur, 2 étages (avec anse à panier et au dessus, arc ogival).
- A partir du XIV°, les habitants débordèrent le territoire intra-muros devenu trop exigu. Puis en 1536, sous l’impulsion de François Ier, la Basse-Ville fut construite.
- A la fin des guerres de Religion (au cours de la Ligue), qui avait causé des combats meurtriers, la seconde enceinte fut construite pour abriter la Basse-Ville.
- On y pénétrait par 5 portes fortifiées . Trois ont disparu : la Porte Notre-Dame, la Porte des Murs (ou des Portalets) et la Porte de Tressauvi. Deux portes fin XVI° ont subsisté : la Porte Sainte-Anne de 1591 (MH – 28-12-1926) et la Porte de la Durance (ou de l’Ange), au nord.
- Vestiges des remparts fin XVI° de la 2ème enceinte (IMH ) 28-1-1926).

- Fort au-dessus de la chapelle de Beauregard : porte d’entrée, fonds de cabanes et rigoles d’écoulement taillées à même le rocher.

- La Péagère ou Puagère du Rocher, (sur la limite Orgon/Sénas ) : petit fort sur un promontoire rocheux.

- Fort de l’Aiguille (ou de la Gardiole) qui domine la Vallée de Valdition (attribué aux Templiers, sans aucun fondement).

- Ancienne prison XVII° (logements sociaux) ; malheureusement la restauration a fait disparaître les nombreux graffiti de prisonniers.

- Monuments aux Morts de 1921, protégé par une grille ; il occupe l’hémicycle formé par la double rampe du majestueux escalier de l’église. Effigie de la Provence traditionnelle, une Arlésienne portant de la main gauche le bouclier aux armes de la ville offre de la main droite la palme du martyre aux 36 Organnais morts pour la France.

- Maison XVI° (IMH ) 28-12-1926), 58 avenue de la Victoire.

- Belles façades Renaissance dans la Basse-Ville.

- Château-domaine de Valdition XVIII° classique à corps central accosté de 2 pavillons bas (à l’ouest).

- Château de Malvoisin, quartier des Costes ; parc ; corps de ferme.

- Château Chinois, grande bâtisse sans caractère particulier, sous la chapelle Saint-Roch ; joli parc.

- Mairie : entrée classique sur pilastres d’un hôtel particulier XVIII°.

- Hôpital d’origine XV°.

Encadré

Il garde le souvenir d’une femme charitable, Madeleine Laugier, dite la quêteuse d’Orgon, qui se dévoua corps et âme au XIX° pendant un quart de siècle au service des malheureux.

- Viaduc métallique 1868, sur la Durance : 5 travées, chacune de 70 m ; 4 piles-support en maçonnerie, haut parapet.

- Gare SNCF.

- Château d’eau double, montée des Oratoires.

- Arènes.

- Tour-station du télégraphe Chappe XIX° : tour ronde d’un étage, sans toit, semblable à une tour de moulin à vent découronnée, à l’est du plateau de Beauregard.

Encadré

Ce système qui fonctionna (fort bien) jusqu’au milieu du XIX° comptait 534 tours-stations qui mettaient en communication 29 villes ; la station d’Orgon était située sur la ligne Paris-Marseille.

- Table d’orientation, plateau de Beauregard.

C – PATRIMOINE INDUSTRIEL

Moulins :
- Moulin à huile exploité jusqu’en 1967, rue de la Fontaine.
- Moulin à huile , à la famille Rostand au XIX°, rue Barthélemy.
- Moulin du Portalet désaffecté : voûtes hautes et majestueuses.
- Moulin d’Orgon 1762 "La Vallée heureuse", Les Rochers (ouest) : moulin à eau avec grande roue à aubes ; seul moulin à farine ouvert au public ; restauré (hôtellerie).

- Four à chaux : plusieurs fours à chaux se succédèrent. En 2003, découverte de l’un d’entre eux, chemin de la Fanfaline.

- Le carbonate de chaux fut exploité industriellement depuis la fin XIX° ; 4 moulins construits sur le Canal des Alpilles assuraient alors la force motrice. Exploitation aujourd’hui modernisée.

- Ancienne cartonnerie, dite la Fabrique, seule industrie régionale en 1900 (fermée en 1973).

PATRIMOINE CULTUREL

A – MUSÉE, GALERIE, BIBLIOTHÈQUE…

- Musée de Provence des Vieilles voitures.

B – ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES

- Manifestations et fêtes traditionnelles : courses camarguaises, veillées Calendales, messe de Minuit avec pastrage.

C – LA MÉMOIRE

- Au cimetière, tombeau des Rostand : fronton à remarquable sculpture.

Monument aux Morts de 1921 :
- Guerre de 1914/18 : Morts pour la France (Orgon 1ère section) = 36 Tombés au Champ d’honneur (section du Plan) = 51
- Guerre de 1939/45 : Victimes militaires = 7
- Guerre d’Indochine : 1 mort
- Victimes civiles = 5 morts.

- Léopold Vidau, poète paysan d’Orgon, écrivit alors un ouvrage (Remenbranço) qui fut vendu au profit du Monument aux Morts.

- In Memoriam : "Aux vaillants fils d’Orgon qui reposent dans ce coin de terre provençale et à ceux qui vivent leur éternel sommeil dans la Vallée Sacrée, loin de nos plaines verdoyantes, loin de notre capricieuse Durance, loin de notre éblouissant soleil, loin du Val ancestral de Sauvy où depuis toujours reposent nos aïeux".

PATRIMOINE NATUREL

A – SITES NATURELS

- Site du plateau de Notre-Dame-de-Beauregard, sur un éperon dominant le bourg en à-pic.

- Site naturel du pertuis entre éperon de Beauregard et Durance.

- Nombreux panoramas des points hauts de la commune, notamment de la chapelle de Beauregard (admirable et lointain), des ruines du château, de la Tour du Télégraphe… Sur le Ventoux, le Luberon, les Alpilles, le Comtat Venaissin.

- Chaîne des Alpilles (SI – 26-7-1926).

- Murs d’escalade et couloirs d’escalade naturels : vallon de Lavau, calades du chemin de la Fanfaline.

- Site géologique : important gisement (éponyme) de l’Urgonien, défini en 1850 par d’Orbigny comme le "faciès urgonien" récifal du Barrêmien supérieur. Masse compacte de calcaire blanc propre à la sculpture et à l’architecture monumentale (palais des Papes d’Avignon).

B – SITES DE LA MAIN DE L’HOMME

- Le bourg ancien semi-perché dans sa position très particulière qui commande un passage obligé entre vallée et falaise.

- Sentiers de randonnées.


Communauté de communes : CCVBA
Gestion : Présentation des communes