La Minoterie et ses tours

Commune de Saint-Rémy-de-Provence -> Patrimoine et architecture de Saint-Rémy-de-Provence

La maison Mistral frères était une grande entreprise saint-rémoise spécialisée dans le triage et le conditionnement du chardon cardère, activité économique importante de la ville à l’Ère Industrielle. Détentrice, depuis 1854, des quatre moulins à blé installés sur le Réal (Saint-Jean, Saint-Bernard, Saint-François et Saint-Joseph), elle se lance, à partir de 1868, dans un vaste programme de modernisation et de rationalisation de son outillage productif pour augmenter ses rendements, réduire ses coûts de production et améliorer la qualité de sa mouture :
- achats de vastes terrains en Camargue pour y cultiver le blé,
- remplacement de toutes les roues à aubes des des moulins par des turbines,
- abandon des meules de Saint-Bernard et de Saint-Jean aux profit de nouvelles machines à cylindres,
- recomposition complète du moulin Saint-Jean autour d’une cours avec la construction de 5 bâtiments, dont une grande bâtisse de 4 étages,
- raccordement de cette nouvelle minoterie au chemin de fer de Tarascon, avec mise en place d’une plaque tournante permettant d’acheminer directement les wagons sous le pignon ouest de la minoterie.

L’aspect le plus original de ce plan réside dans la volonté de coupler les turbines de Saint-Bernard et de Saint-Jean, pourtant distantes de plusieurs dizaines de mètres et séparées par la voie de chemin de fer. Pas moins de 190 000 francs sont investis dans ce projet. Grâce à la construction de trois tours alignées le long du Réal et à la pose d’un câble aérien reliant le tout, la force motrice de la turbine Saint-Bernard est transmise jusqu’à la minoterie Saint-Jean. En 1887, lorsque les travaux sont achevés, la minoterie Saint-Jean peut moudre jusqu’à 214 tonnes de blé par an.

Les résultats ne sont malheureusement pas à la hauteur des espoirs de la société. Les terrains camarguais, sujets à de fortes remontées de sel, se révèlent impropres à la culture du blé et l’usine ne parvient pas à s’approvisionner correctement. Elle fonctionne constamment en deçà de ses possibilités, jusqu’à sa fermeture en 1910, dû à sa mauvaise rentabilité.


Communauté de communes : CCVBA
Propriété : Communale
Catégorie de l’architecture : Architecture industrielle
Datation : XIXe siècle
Epoque : Contemporaine
Thèmes : Industrie
Type d’architecture : Usine de production ou de transformation
Édifice : Site industriel

Identifiant : IND002