Abbaye Saint-Michel de Frigolet

Commune de Tarascon -> Patrimoine et architecture de Tarascon

En pleine nature, niché au cœur de la Montagnette, ce monastère doit son nom aux innombrables touffes de thym ("ferigoulo" en provençal) dont sont parsemées les collines. On dit que Saint-Michel fut fondé par les moines de Montmajour qui, souvent atteints de fièvres paludéennes par les travaux d’assèchement des marais entre les Alpilles et le Rhône, venaient se rétablir dans la Montagnette.

Cependant, c’est seulement en 1133 qu’une communauté de 13 chanoines réguliers de Saint-Augustin sous la conduite du prieur Guillaume de Loubières est mentionnée pour la 1ère fois dans un acte de donation des vicomtes de Boulbon. A la période la plus florissante de son existence, elle compte 13 chanoines et 15 frères convers qui vivent dans les bâtiments édifiés vers 1173-1176. De période, subsiste le cœur actuel du monastère : le cloître (début du 12ème siècle) et l’église Saint-Michel (12ème siècle) ainsi que la petite chapelle de Notre-Dame du Bon Remède (11ème siècle) appelée alors Notre Dame de Frigolet ou "Nostra Domina de Ferigoleto". Elle devient l’objet d’un pèlerinage qui dure encore.

En 1316, une bulle du Pape d’Avignon, Jean XXII, unit le chapitre de Frigolet à celui de la cathédrale d’Avignon avec obligation de résidence pour une partie d’entre eux. Douze chanoines résideront au monastère. Une partie d’entre eux. sera rattachée à l’église Sainte-Marthe de Tarascon, propriété de la cathédrale d’Avignon. Le prieur de Frigolet sera le doyen de Sainte-Marthe.

Lorsqu’en 1482, le roi de France Louis XI fonde à la place du prieuré la Collégiale Sainte-Marthe, le Prieur de Frigolet reçoit le titre de Doyen de Sainte-Marthe. A partir de cette date, le monastère fut peu à peu abandonné et resta sans occupants jusqu’en 1635, date d’installation de religieux Hiéronymites (ou Pères de Saint-Jérôme) qui font revivre le prieuré La vie religieuse reprend à Saint Michel de Frigolet et ne s’arrêtera qu’à la révolution Française en 1793. Ces religieux remettent debout les bâtiments délabrés de Frigolet, ils les agrandissent et les embellissent.

A cette époque, le chœur de l’église Saint-Michel est agrandi, sont ajoutées la salle du Chapitre (17ème siècle) et les salles attenantes (aile sud) avec une magnifique voûte de pierre. C’est à cette même date que la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Remède reçut le magnifique décor baroque qu’on admire encore aujourd’hui. Le petit prieuré va s’agrandir de façon considérable. En 1661, les Augustins Déchaussés ou Réformés leur succèdent pour une raison mystérieuse.

Après avoir échappé à la triste commission des Réguliers de Louis XV en 1768, qui voulait supprimer toutes les petites communautés, les hordes révolutionnaires de 1791 s’approprient le monastère, les derniers religieux quittent Frigolet et se retirent à Barbentane. Le prieuré de Saint-Michel avec toutes ses annexes et dépendances est alors vendu comme bien national.

En 1839, il devient un pensionnat. L’établissement ferme brutalement en 1841 et l’abbaye retombe dans l’abandon. En 1858, le Révérend Père Edmond rachète l’ancien prieuré de Saint-Michel de Frigolet pour y restaurer l’Ordre de Prémontré anéanti en France lors de la Révolution. L’installation officielle de la nouvelle fondation a lieu le 27 avril 1858. Sous la conduite du Père révérend Edmond, de vastes bâtiments sont édifiés pour recevoir les pèlerins de plus en plus nombreux, une église néogothique magnifiquement décorée est construite ainsi qu’une enceinte néo-médiévale avec tours, créneaux, courtines et mâchicoulis. La nouvelle église enveloppe la chapelle romane de Notre-dame du Bon Remède.

Le 6 juin 1869, le Pape Pie IX élève le prieuré de Frigolet au rang d’Abbaye et le Père Edmond en sera le premier abbé. Malheureusement, en 1880, le gouvernement français décrète la dissolution de la communauté et lui ordonne de quitter le monastère. Le refus des Prémontrés soutenus par les fidèles de la région provoque le siège de Frigolet. Chassés de leur abbaye, les religieux de Frigolet se sont dispersés pour quelques années. Au début XXe siècle, ils reviennent s’installer à Frigolet.


Propriété : Communale
Propriété : Privée
Thèmes : Religion
Catégorie de l’architecture : Architecture religieuse, funéraire et commémorative
Type d’architecture : Architecture religieuse
Appartenance : Monument historique classé
Epoque : Moyen-Age
Style architectural : Roman provençal
Datation : XIIe siècle
Communauté de communes : ACCM
Édifice : Bâtiment religieux
Lexique : Prémontré

Identifiant : PA00081284