Syndicat mixte du Pays d’Arles
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Un territoire diversifié à dominante rurale

Vue d’ensemble du territoire

A l’ouest du département des Bouches-du-Rhône, le Pays d’Arles regroupe près de 160 000 habitants sur un vaste territoire de 220 000 hectares, dont 60 % situés dans les Parcs naturels régionaux de Camargue et des Alpilles.

S’étendant entre la mer Méditerranée, le Rhône et la Durance, le Pays d’Arles jouit d’une situation exceptionnelle et possède un extraordinaire patrimoine urbain, culturel et naturel nourri par un long passé géologique, historique, humain. Le Pays d’Arles se caractérise depuis l’Antiquité par la qualité de son mode de vie, la vivacité de sa culture, la beauté de son architecture et l’importance de ses échanges. Dans le cadre magnifique d’une nature qui offre une multitude de paysages variés, une population diversifiée s’est développée, enrichie au cours des siècles par de nombreux apports extérieurs et par son ouverture à la Méditerranée. Le territoire rassemble des sites internationalement reconnus comme Arles, les Baux-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence mais également les paysages emblématiques de la Camargue, des Alpilles et de la Montagnette, de la Crau, du Comtat et du Val de Durance..

Ces terroirs façonnés par la géographie sont entretenus et préservés par la main de l’homme : ils constituent de grandes zones homogènes d’un point de vue agricole et paysager, et font référence aux productions dominantes de type riziculture, céréaliculture, oléiculture, maraîchage... L’espace agricole est marqué par une gestion particulière de l’eau, avec un réseau de canaux s’étendant sur l’ensemble du territoire.

Le Pays d’Arles, qui représente un tiers de la production agricole des Bouches-du-Rhône, constitue l’un des « poumons verts » du département et est caractérisé par la présence d’une diversité de milieux : pelouses et pâturages, maquis et garrigues, zones humides, plages et dunes... Il se compose de nombreux espaces naturels protégés ou faisant l’objet de mesure de gestion (Natura 2000, réserve de biosphère, sites classés et inscrits…), témoins d’un territoire à caractère rural et à forte valeur environnementale.

Le Pays d’Arles constitue ainsi un territoire de respiration dans un vaste espace méditerranéen en voie de métropolisation situé entre Montpellier, Avignon et Marseille.

Le territoire, urbanisé à seulement hauteur de 3%, s’est développé autour d’un réseau de proximité de villes et de villages. La ville d’Arles, commune la plus étendue de France, joue le rôle de « capitale » emblématique du Pays d’Arles, du fait de son rayonnement culturel et touristique et de la présence de services et équipements structurants : établissements d’enseignement supérieur, hôpital, sous-préfecture...

Cette offre de services et commerces est relayée en différents points du territoire grâce à la présence des villes d’appui de Saint Rémy de Provence, Tarascon, Châteaurenard et Saint Martin de Crau mais également d’un maillage de bourgs, villages et de hameaux.

 Un Pays à l’identité culturelle forte

Le Pays d’Arles s’est construit sur un sentiment d’appartenance à un territoire symbolique dont les limites sont incertaines et auquel Frédéric Mistral puis Léo Lelée vont donner une réalité dans l’espace. Les représentations du Pays d’Arles à travers la littérature et l’iconographie marquent la reconnaissance d’une identité constituée par l’usage de la langue provençale, une économie essentiellement rurale et des pratiques culturelles communes.

Les contours de cet espace à la fois symbolique et concret sont dessinés dans l’œuvre de Frédéric Mistral Mirèio, par les itinéraires croisés de personnages typiques : Ourrias est un bouvier de Basse-Camargue, Alri un berger de Crau, Véran un gardien de chevaux de Haute-Camargue…

En 1941 Léo Lelée et Fernand Benoît construisent leur carte du Pays d’Arles en superposant différentes aires d’extension : celle de l’élevage des taureaux et de la pratique de la course camarguaise, celle des fêtes de la « Saint-Eloi » et du défilé de la « carreto ramado » [1], celle de l’élevage du mouton mérinos d’Arles et celle du réseau d’irrigation de la Durance, celle enfin, du port du costume arlésien traditionnel.

On retrouve ici toutes les composantes d’une identité qui s’établit dans l’entrecroisement d’éléments identitaires qui relient un territoire à sa pratique, et définissent un certain « art d’y vivre » revendiqué par les habitants et célébré à travers des fêtes et traditions vivantes. La relation au territoire présente des caractéristiques différentes en fonction du lieu considéré et des représentations attachées à celui-ci, suivant que l’on se situe dans les Alpilles, la Camargue ou dans la Crau.

 La Camargue

Ainsi, la Camargue incarne le symbole d’une nature sauvage, un espace d’exception par la combinaison d’une faune et d’une flore uniques dont l’insularité, entre les bras du Rhône et de la mer, accentue la singularité. Le sentiment d’appartenance à l’identité camarguaise s’exporte et se partage. Hors du delta, être « Camarguais », c’est aimer la Camargue, les taureaux et les chevaux, faire partie du monde tauromachique dans ses formes provençales, pratiquer la course à la cocarde ou la « course camarguaise ».

 Les Alpilles

Dans les Alpilles, s’exprime une relation esthétique au territoire, à travers la beauté des paysages. Les Alpilles constituent cet espace privilégié, cet Eden au cœur d’une Provence authentique et préservée où le territoire s’offre à la contemplation et à la promenade.

 La Crau

Cet espace immense autrefois désert, a été fertilisé par l’irrigation pour l’agriculture et valorisée par l’usage des terres en pâturages pour le taureau en basse Crau et le mérinos d’Arles en plaine sèche. A travers l’élevage extensif, la Crau a constitué un trait d’union entre Camargue et Alpilles, la Crau est représentée comme « un désert, peuplé de bergers gardant leurs troupeaux au milieu des antiques galets de la Durance. » [2].

Le Pays d’Arles, dans la richesse de ses terroirs, dans la diversité de ses paysages, ne se définit pas en quelques traits. Cependant, trois éléments( essentiels caractérisent ce territoire contrasté et font le lien entre les différents espaces qui le constituent.

La bouvine, la langue provençale et le costume au cœur de l’identité arlésienne :

La bouvine [3] :

Le taureau est emblématique de la culture camarguaise. Mais la présence et l’importance du taureau, de l’art de vivre associés à son élevage, s’étend à tout le Pays d’Arles et se dévoile à travers les fêtes et traditions qui le mettent en scène. Les courses taurines fédèrent toutes les générations dans des pratiques festives qui attirent un public nombreux et enthousiaste.

La langue provençale :

La pratique de la langue provençale constitue un élément fort de cohésion sur ce territoire qui a vu naître Frédéric Mistral. Par son œuvre, l’un des sept fondateurs du Félibrige contribue à la reconnaissance et à la préservation de la langue provençale.

Le costume :

Fêtes de Noël - Pays d'Arles - Lionel Roux

Le costume est la manifestation d’une appartenance et d’un attachement à la culture et au territoire. Le défilé de costumes, parade à pied ou en charrette, est le temps fort de la fête arlésienne ou villageoise, préparé avec minutie et sérieux dans un strict respect d’une tradition.

Documents joints

Notes

[1] Carreto ramado, charrette ramée : charrette tirée les chevaux, décorée de fleurs et de légumes.

[2] Jean-Noël Pelen, « Le pays d’Arles : sentiments d’appartenance et représentation de l’identité »

[3] Bouvine : La bouvine provient du terme provençal « bouvino » désignant l’ensemble des traditions liées au monde taurin